L’Echelon de Protection

Le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique d’Iran – CGRI

Présentation du 18/03/2010 devant le Club de la Presse

« Personnel is Policy ! » Adage Américain

La République Islamique d’Iran est l’unique pays au monde disposant de deux armées parallèles. Aux forces militaires héritées de l’ancien régime impérial, s’ajoutera, avec l’arrivée au pouvoir de la coalition de 79, une nouvelle armée « révolutionnaire » et « idéologique » : le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique, le CGRI. Constitué de cinq forces, navale, terrestre, aérienne, paramilitaire du Bassidj, et l’Unité spéciale al-Qods, le Sépâh[1], comme cela se dit en persan, constitue ce que j’appelle « l’Echelon de Protection » du régime théocratique. Conçu à l’état d’idée dans les Yvelines, né à Téhéran, prolongé au Liban, le CGRI constitue, plus de trente ans après sa fondation, un vaste conglomérat politique, financier et militaire, ou, selon les termes d’un parlementaire iranien disqualifié, une « mafia du pouvoir et de la richesse »[2], présente aujourd’hui à tous les échelons de l’appareil étatique, du niveau local aux organes centraux, où d’anciens Gardiens et membres du Bassidj occupent, selon Ali Alfoneh, spécialiste de la question, la plupart des sièges du Majlis[3], la moitié des portefeuilles ministériels, et la majorité des postes de gouverneurs dans les 30 provinces iraniennes[4]. Au destin lié à celui de la révolution de 79, il en incarne le pourrissement « de la théocratie en voyoucratie »[5]. Culturellement enracinée dans les bas-fonds urbains et ses Héy’at ou « comités » religieux souvent composés de gros-bras placés sous l’autorité religieuse de l’imam de la mosquée locale, cette voyoucratie trouve sa meilleure description aujourd’hui, neuf mois après le déclenchement du Mouvement Vert, dans ce que Tocqueville donnait, il y a près d’un siècle et demi, comme description pittoresque de la mourante Révolution française :

Le gouvernement lui-même, disait le fin vicomte, n’était qu’un parti, parti exclusif, toujours inquiet et violent, le moins nombreux et le plus méprisé de tous… Il se composait presque en totalité de révolutionnaires de second ordre…, n’ayant fait que suivre dans la foule les grands criminels ou n’ayant commis que des crimes obscurs… Ceux-là regardaient la République comme leur sûreté. Mais, au fond, la plupart ne tenaient plus à rien qu’à la domination et aux jouissances qu’elle donne[6].

« L’opposition entre le public et le privé, entre le res publica et le res privata, étant central à la notion de l’état moderne »[7], l’Etat fondé par Khomeyni sur la base du principe de la Régence du théologien ou Vélâyaté faqîh, est une pathologie de la tradition chiite et de l’ordre social et politique[8]. En Août 2009, le très flegmatique The Economist, cherchant à comprendre « Qui est le patron » dans ce Res privata du Coran, du dollar et de la kalachnikov, évaluera « la valeur marchande nette de la contrebande d’alcool, de cigarettes et d’antennes paraboliques », à 12 milliards de dollars par an, un « monopole du CGRI »[9]. Pour Shahriar Ahy, un ancien du CSIS[10], trois systèmes de valeurs, ultimement antagonistes, coexistent pour le moment au sein du CGRI[11].

Le premier est celui des Gardiens rentiers de culture bazarî, dérivé du Bazar, contrôlant, selon différentes sources internes, près de 68% du total des exportations iraniennes sous la forme de contrebande par des ports invisibles échappant à tout contrôle douanier[12]. Ce premier groupe d’influence se trouvera à terme en opposition frontale avec le Bazar, pilier traditionnel de l’économie et assise financière du clergé classique, apolitique et quiétiste, ainsi qu’avec une technocratie occidentalisée et soucieuse de transparence et de modernité.

Le second système de valeurs est celui des Bassidj, forces irrégulières formées de voyous et de vauriens, de lumpenprolétariats décrits par Marx dans le 18 Brumaire, de Lât et de Loutis, qui, « poignard à la main et maîtres du Bazar », furent autrefois décrits par l’orientaliste français Jean-Baptiste Eugène Napoléon Flandin, dès 1840, dans son Voyage en Perse. Le terreau périurbain de ce second groupe se situe dans les Zourkhâneh, les Maisons de la Force ou gymnases traditionnels, et dans le Meydâneh Tareh-bâr, le Rungis de Téhéran. Les liens qui lient le milieu à une partie du clergé sont anciens. Ils remontent, dans sa phase contemporaine, au milieu du siècle dernier, à la montée en puissance des Fédayin[13] de l’Islam, précurseurs emblématiques de la Révolution et de l’Etat Islamique dans les années 1940-50, puis de l’école théologique Haqqani. Conçue dès 1960 par l’ayatollah Beheshti, futur recteur du Centre Islamique de Hambourg puis membre éminent du Conseil de la Révolution fondée dans les Yvelines en 79, l’école Haqqani sera officiellement inaugurée en 1962, financièrement soutenue par Hadj Ali Haqqani, marchand et « homme charitable du Bazar »[14]. Aux côtés de Beheshti, on y retrouve alors les ayatollahs Qoddoussi, futur Procureur Général de la république ; Mesbah Yazdi, mentor spirituel d’un certain Mahmoud Ahmadinejad ; et Jannati, président du Conseil des Gardiens de la Constitution[15]. Se distançant par rapport à l’enseignement classique du chiisme traditionnel et de son clergé, l’école Haqqani se donnera comme mission de former le nouveau clergé à « l’anglais, la philosophie de Hegel et la sociologie occidentale » afin, disait Beheshti, « qu’un juif sioniste n’écrive pas mieux que nous sur l’Islam ». Ce clergé nouveau sera « formé aussi bien aux fondamentaux islamiques qu’aux sciences nouvelles », dira Ali Fallahian, ancien élève, ancien ministre des renseignements sous Rafsandjani, éminence grise des « meurtres en série » des intellectuels iraniens dans les années 90 et recherché par Interpol pour son implication présumée dans l’explosion du centre culturel juif AIMA à Buenos Aires, en Argentine, en 1994[16]. Haqqani formera, entre autres, des mollahs qui rejoindront par la suite les rangs des Moudjahidin du Peuple, aujourd’hui basés en Iraq et en France. Les enseignements d’Ali Shariati, diplômé de la Sorbonne et principal idéologue du nouveau discours révolutionnaire dans les années 70, y seront débattus avec ferveur et provoqueront un schisme idéologique et le départ de l’ayatollah Mesbah Yazdi. Mais, caractéristique éminente de cette école hétérodoxe au regard de notre sujet, Haqqani fondera en son sein le noyau et le « modèle » de l’appareil sécuritaire du nouveau régime : Un noyau central formé de cinq personnes, dont Ali Fallahian, élément fractal d’une organisation réticulaire formée de quintumvirats où chaque membre était de manière unique et indépendante, organisateur d’une cellule similaire[17]. Il y a, entre cet Islam politisé et pyramidal reposant sur la suprématie de la Régence d’une autorité tutélaire suprême et unique d’une part, et la structure décentralisée et ouverte de l’Ijtihad ou Effort d’interprétation dans le chiisme et son corolaire de l’Emulation ou taqlîd au sein de la communauté et de la tradition d’autre part, une opposition irréconciliable.

Le troisième système de valeurs prédominant au sein du CGRI est celui des militaires professionnels, dont les cadres formés aux systèmes d’armements sophistiqués. Obéissant à des valeurs nationalistes et guerrières, cette garde prétorienne se trouvera in fine en opposition radicale avec la mentalité plébéienne des Bassidj et celle, vénale, des « généraux rentiers » et contrebandiers. Ce corps d’officiers professionnels a retrouvé ces temps derniers, un écho à ses aspirations dans les rangs des forces armées classiques quand certaines unités de celles-ci, et non des moindres, publièrent, le 10 décembre 2009 et sur un ton volontairement laïque et nationaliste, une sérieuse mise en garde à l’encontre de « ceux qui se sont imposés à nos frères du Sépâh… en détournant leurs armes vers l’existence et la dignité de la nation iranienne »[18].

Théocratie devenue voyoucratie, la République Islamique devient une dictature militaire, le domaine privé d’une secte ou ferqeh, un complexe militaro-industriel camouflé derrière une façade civile[19], formée de membres du CGRI, du Bassidj, et du système pénitencier[20]. C’est peut-être l’un des derniers textes officiels laissé par Khomeyni qui donne encore, mieux que toute autre analyse, la raison d’être de cette « foi en forme de sabre »[21] devenue Etat. Mort le 3 juin 1989, le fondateur Khomeyni accepte, le 18 juillet 1988, la résolution 598 de l’ONU, instituant un cessez-le-feu dans la « guerre de la vérité contre le faux »[22]. Le 20 juillet, Khomeyni publiera son fameux communiqué à ce sujet. Empreint d’une violence religieuse inouïe faisant sans cesse appel à la « vérité » contre le « faux », le texte est écrit dans un langage dont la parenté lexicographique et épistémologique avec les plus purs pamphlets du marxisme révolutionnaire est proprement étonnante. L’imam abhorrera l’Amérique, mentionnée 46 fois dans le texte ; vouera aux gémonies Israël, cité à 10 reprises ; lapidera les « libéraux » et maudira les « nationalistes » à 6 reprises ; et n’aura de cesse de menacer le « clergé de cour », « l’islam américain d’al- Saoud » et leur « pétrole ». En invitant ses affidés, terme dérivé de Fédayin, à « préserver leur haine révolutionnaire » et promettant la « fermeture des robinets de pétroles de l’Arabie Saoudite », le ton y est sans ambiguïté. Il donne le la de la conception khomeynienne de la Raison d’Etat :

Nous avons déclaré cette réalité et cette vérité de notre politique internationale islamique à maintes reprises, que notre but est l’expansion de la pénétration de l’islam dans le monde et l’infléchissement de celle des impérialistes… Si les pantins de l’Amérique appellent cela de l’expansionnisme, cela nous est parfaitement égal et nous l’accueillons à bras ouverts… Notre guerre est une guerre idéologique. Elle ne connait ni frontière ni géographie… Son issue est nécessairement l’une des deux voies, le martyr ou la victoire… Nous déclarons la République islamique d’Iran une forteresse militaire imprenable et base logistique de formation des soldats de l’islam, les préparant à la lutte contre le blasphème et l’hérésie…[23]

Dans ce qui suit, je tenterai de délimiter les pourtours du principal instrument de l’exercice de cette raison d’Etat, le CGRI, ce que Mohsen Sazegara, co-auteur de sa Charte fondatrice, appelle aujourd’hui, la « mafia dollar – AK47 »[24].

Historique

Février 1979, l’un des membres du Conseil de la Révolution Islamique[25] dévoilera au quotidien iranien Ettelâ’ât, le contenu des pourparlers engagés alors « entre Yasser Arafat et le leadership de la révolution iranienne ». Selon ces révélations,

Arafat avait proposé [à ses interlocuteurs iraniens] d’apporter tout le soutien logistique nécessaire à la constitution du Corps des Gardiens de la Révolution. Celle-ci pourrait être formée sur la base des modèles existants, notamment ceux des forces Eyn ol-Djalût, Aséfeh et les unités de guérilla d’Al-Fatah, affiliées à la Résistance Palestinienne basée en Iran. Dans ce cadre, il est prévu qu’un certain nombre de conseillers militaires palestiniens se rendent en Iran. La présence, dans le pays, du colonel Abu Al-Za’ïm, le conseiller militaire d’Arafat, s’explique dans ce contexte. Quant au commandement de la future armée révolutionnaire, le nom de Djalal o-ddin Farsi a été avancé à plusieurs reprises. Sans parler de sa dimension intellectuelle, tant comme penseur que comme écrivain, Farsi a longtemps été une personnalité militaire, proche de la résistance palestinienne où il a notamment commandé l’un des bataillons de la force Katâ’êb ol-Ôwrah. De nombreux Fédayins [du Peuple] et de Moudjahidines [du Peuple] ont combattu au sein de cette force [palestinienne]. Tandis que certain d’entre eux sont tombés martyrs dans des affrontements avec Israël, d’autres ont repris le chemin de l’Iran pour y fonder des cellules de résistance[26].

Le 22 avril 1979, dans un décret adressé au Conseil de la Révolution Islamique, le nouvel homme fort de l’Iran, Khomeyni, ordonnera la formation du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique, ou CGRI. Selon le Centre de Documentation de la Révolution Islamique, le CGRI « fut à sa formation, exclusivement formée de forces urbaines… chargées de l’ordre public… face à la contre-révolution et aux monâféghînes », terminologie officielle consacrée aux hypocrites et autres infidèles qui « cachent leur blasphème pour arborer une [fausse] foi »[27]. Mais avec l’essor de la guerre civile dans quelques unes des provinces périphériques de l’Iran, le CGRI « jouera un rôle très actif dans la répression de la contre-révolution, en particulier dans le Kurdistan » mais aussi dans le « Khûzistân et le Turkménistan »[28]. Vingt-sept ans plus tard, le successeur de Khomeiny, le Guide Suprême Ali Khamenei, dira à l’occasion de l’anniversaire du décret historique :

Le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique, enfant béni de la Révolution Islamique, reste, depuis l’avènement de l’Islam et de part le monde entier, un phénomène unique. Il est l’évidente manifestation de l’incarnation de la victoire du sang sur le sabre et du mouvement pour la libération des déshérités. C’est pourquoi, partout dans le monde, les forces de l’Arrogance observent avec haine et abomination, ce phénomène divin…[29]

L’idée fondatrice de ce « phénomène divin » prendra naissance, en octobre-novembre 1978, dans la banlieue parisienne, à Neauphle-le-Château, dans les Yvelines. C’est là que se dérouleront les premiers travaux théoriques. C’est de là également que sera organisé l’envoi des premières équipes dans le Moyen-Orient, pour y subir les entrainements militaires nécessaires[30]. Après la victoire de la coalition révolutionnaire, le 11 février 1979, quatre groupes armés émergeront de son sein, se disputant la prééminence dans la formation du futur CGRI. Il s’agit de la Garde Nationale, œuvre principalement de Mohsen Sazegara et d’anciens étudiants formés comme lui dans les universités américaines ; de l’Organisation des Moudjahidin de la Révolution Islamique, elle-même composée de sept entités sous-jacentes, et dont la principale figure est Behzad Nabavi, ancien marxiste devenu proche des Moudjahidin du Peuple ; des Gardiens de la Révolution, fondés par Mohammad Montazeri, fils du dauphin et fervent défenseur de l’exportation de la révolution et de la « cause palestinienne » ; et du Corps des Gardiens de la Révolution, constitué en partie par les vétérans du Liban[31].

Dès sa constitution en Iran, le CGRI connaîtra à sa tête un certain Abbas Agha Zamani, alias Abou-Sharif. Recommandé par les islamo-marxistes des Moudjahidin du Peuple, alors alliés aux révolutionnaires qui préparaient la chute du shah, Zamani est issu du Hezbé Mélalé Eslâmi, ou Parti des Nations Islamiques. Pris en charge en Europe par les révolutionnaires marxistes iraniens et leurs alliés du courant nationaliste fondé par Mossadegh, il sera remis entre les mains d’Al-Fatah au Liban, via Paris et Vienne. C’était trois bonnes décennies avant les circuits de recrutement d’Al-Qaeda en Europe. Une fois le CGRI formé, sa Charte, approuvée par le Majlis alors présidé par Rafsandjani le 6 septembre 1982, en détermine l’unique « Objectif », Hadaf en persan, Section I, Article Ier :

Le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique est une institution placée sous le commandement suprême du Guide et dont l’objectif est la protection de la Révolution Islamique d’Iran et ses résultats, l’application permanente dans la voie de la réalisation des idéaux divins, l’expansion de la souveraineté de la loi de Dieu… ainsi que le renforcement des fondements défensifs de la République Islamique…[32]

Cadre Constitutionnel

Reflet de sa Charte et de son « Objectif », l’emblème du CGRI résume le corps, l’esprit et la mission de cette armée idéologique. Bras armé issu du Livre, allusion au Coran, formant une contraction graphique du dogme premier du credo islamique  لا اله الا الله[33], le tout sur un fond de globe terrestre, allusion à l’internationalisme de la mission sacrée, ce blason est surmonté de cette injonction : « Préparez [pour lutter contre eux], tout ce que vous trouverez de forces et de cavaleries… » C’est le verset 60 de la Sourate VIII, intitulée le Butin. On le retrouve intégralement dans la Section II, Article 151 de la Constitution, définissant « l’Armée et le Corps des Gardiens de la Révolution ». Ce fameux verset se poursuit ainsi :

… afin d’effrayer l’ennemi de Dieu et le vôtre, et d’autres encore que vous ne connaissez pas en dehors de ceux-ci mais que Dieu connaît. Et tout ce que vous dépensez dans le sentier de Dieu vous sera remboursé pleinement et vous ne serez point lésés.

Selon la Constitution du régime islamique, le CGRI est non seulement chargé de la protection des frontières, aux côtés des forces conventionnelles, héritage de l’ancien régime, il est aussi, et surtout, chargé « d’une mission doctrinale, c’est-à-dire de la guerre sainte sur la voie de Dieu et de la lutte pour la propagation de la souveraineté de la loi divine dans le monde[34]… ». Selon l’Article 150 de la Constitution, le CGRI « reste en place pour continuer à jouer son rôle de protection de la révolution et de ses résultats »[35]. L’Etat théocratique, dont le CGRI forme le bras armé, est définit quant à lui dans les premiers Articles de la Loi Fondamentale[36] :

La République Islamique d’Iran est un régime basé sur la foi en : 1) Dieu l’unique لا اله الا الله, seul souverain et seul législateur… 2) la révélation divine [Vahyé élâhî] et son rôle fondamental dans l’expression des lois…

Enfin, selon l’Article III et son aliénas 16 :

… Le gouvernement de la République Islamique a le devoir de mettre en œuvre tous les moyens dont il dispose… [Pour la] formulation de la politique extérieure du pays sur la base des normes islamiques, de l’engagement fraternel envers tous les musulmans et du soutien sans réserve de tous les déshérités dans le monde.

Ainsi, le mandat de ce « phénomène divin » qu’est le CGRI est suffisamment vaste pour donner naissance à une interprétation à géométrie très variable et placée sous les « ordres du Guide Suprême et Commandant en chef des forces armées »[37]. Et tant que ce dernier bénit le CGRI, « toutes les actions qu’entreprend celui-ci sont légales »[38].

Cadre organisationnel

Depuis ses origines, le CGRI a connu à sa tête 7 commandants en chef, tous nommés directement par le Guide Suprême. Ceux-là sont, dans l’ordre de leur prise de fonction : Abbas Agha Zamani, nom de guerre palestinien Abou Sharif (1979) ; Javad Mansouri (1979), un ancien du Parti des Nations Islamiques et du Hezbollah, futur ambassadeur de la République Islamique en Chine, vice-ministre des Affaires étrangères sous Rafsandjani et auteur du Colonialisme Postmoderne[39] ; Abbas Douz-Douzani (1980 – 81), ancien ministre de la Guidance Islamique ; Morteza Rezaï (1981), futur patron de la Protection des Renseignements[40] du CGRI, l’un des cinq échelons de Protection du Renseignement Parallèle[41] formé dès 1999 – 2000 suite aux purges effectuées par l’administration Khatami, conséquence politique et organisationnelle des « Meurtres en série » ; Mohsen Rezaï (1981 – 1997), alias Mohsen Agha, ancien membre du groupuscule terroriste Mansouroun responsable, en 1978, de l’explosion du restaurant Khânsâlâr à Téhéran[42] ; Rahim Yahya Safavi (1997 – 2007), un ancien du Liban ; et, depuis septembre 2007, le général Mohammad Ali Jafari, alias Aziz Agha ou encore Aziz Divâneh ou Aziz le Fou, un ancien du Bassidj et l’un des preneurs d’otages à l’ambassade US à Téhéran, le 4 novembre 1979[43]. De ces 7 commandants en chef, deux n’avaient pas de diplôme connu avant leur prise de fonction à la tête du CGRI ; deux autres avaient fait de vagues études théologiques ; deux possédaient un baccalauréat ; et un seul, le dernier, était issu de l’Université de Guerre du CGRI[44]. De 1994 à 2005, Jafari occupait le poste du commandant des forces terrestres du CGRI. De là, il se retrouve à la tête du Centre des Etudes Stratégiques du CGRI. Sous son impulsion, le Centre sera amené à conduire des recherches dans le domaine des « révolutions de velours », conçu comme un complot américain de « renversement doux » du régime islamique. Sur la base de cette nouvelle théorie obsidionale, Jafari, avec l’appui du Guide Suprême, Ali Khamnenei, mettra en place un vaste plan de réorganisation, concocté en deux volets au sein du cercle de réflexion stratégique du CGRI. Dans un premier temps, deux brigades antiémeutes seront formées, sous les appellations d’Al-Zahra et d’Ashoura, et intégrées dans les Forces Paramilitaires des Volontaires du Bassidj. Fondées par décret de Khomeyni, le 26 novembre 1979, les paramilitaires du Bassidj, Mobilisation en persan, devaient former selon les termes du décret, le noyau d’une « armée de vingt millions » de volontaires. « Un pays qui possède vingt millions de jeunes, doit posséder une armée de vingt millions [de soldats] », disait Khomeyni dans son ordre exécutif[45]. Etrangeté de l’histoire iranienne, c’est l’ayatollah Kashani, alors allié à Mossadegh, qui, trois décennies auparavant, appelait de ses vœux la constitution « d’une armée puissante… [Pouvant] facilement atteindre l’effectif colossal de vingt millions d’hommes… Capable de faire respecter l’intégrité du bloc musulman », dans un monde multipolaire et triangulaire[46]. Trente ans après, « le CGRI établira une unité de Bassidj au Liban, en 1982, afin de contrer l’expansionnisme multidimensionnel sioniste »[47].

Les observateurs iraniens distinguent trois types de « volontaires » : les unités « régulières », intermittents et peu fiables ; les « actifs » permanents ; et les unités dites « spéciales », armées et bénéficiant d’une hiérarchie de type militaire. Leur nombre exact ainsi que leur organisation restent très opaques. Les paramilitaires « actifs » comprennent les unités dites Lébâs-sharkhsi, en « civils ». Encore appelés les « Chemise-blanches », ces individus sont réputés « particulièrement violents », tout comme les Ansâré[48] Hezbollah. Ces derniers sont regroupés officiellement sous la présidence Rafsandjani, en décembre 1991, sous la façade d’une « organisation culturelle ». En fait, les « pires éléments identifiés au sein des Bassidj y seront incorporés » sous la supervision du numéro deux du CGRI, Mohammad-Bagher Zolghadr, et de Saïd Emami, issu, lui, de l’appareil de renseignement et l’un des cerveaux des « Meurtres en série » des intellectuels iraniens dans les années 1990. Quant aux unités dites « spéciales », elles sont placées sous le commandement de Mohammad-Reza Naqdi. « Infâme parmi les infâmes », Naqdi est décrit comme « l’un des éléments les plus violents de toute la hiérarchie des Gardiens, de toute l’histoire de la République Islamique »[49]. A lui seul, le profiling de ce « personnel qui détermine la politique », comme dit l’adage américain, incarne la typographie de la minorité violente qui gouverne le pays.

Mohammad-Reza Naqdi, général des forces paramilitaires du Bassidj et vice-commandant de la Logistique et de la Recherche Scientifique au sein de l’Etat-major des Armées ; ancien patron de la Protection des Renseignements des Forces de l’Ordre[50] et représentant du Guide divin au sein de ces forces ; intime de la Maison du Guide, ou Bêyté Rahbarî ; né iraquien, à Nadjaf, en 1953, cadet d’un séminariste chiite ; expulsé d’Iraq en 1980, installé en Iran depuis ; intègre l’année suivante le Haut Conseil de la Révolution Islamique d’Iraq basé en Iran, avant d’incorporer, deux ans plus tard, le CGRI, puis, en 1985, la division libanaise de l’armée idéologique iranienne. Dans la décennie suivante, converti entre autre au métier d’interrogateur et de tortionnaire, on le retrouve à la tête d’un réseau de grand banditisme reconnu responsable d’une centaine de braquages à main armée, de treize homicides et d’un nombre indéterminés de viols[51]. Le généralissime ne sera jamais inquiété par la justice islamique. En 1999, avec ses « Chemises blanches », troupes de choc urbaines, il prend une part active à l’écrasement du soulèvement des étudiants. Dans les années 2000, il est promu à la tête de l’Etat-major de la Lutte contre le Trafic de Devise et de la Contrebande. Début 2008, l’un de ses anciens subordonnés dans la police de Téhéran, le général CGRI Reza Zâré’ï, est arrêté, très provisoirement, dans une maison close en compagnie de six prostituées obligées de se prosterner nues devant lui en une prière collective. Le général est alors en charge de la police des mœurs.

Les forces paramilitaires seront par la suite fusionnées, comme « unité distincte », avec le CGRI. Le général Jafari dira alors, en septembre 2007, que « le CGRI est une organisation militaire, politique et culturelle, partageant avec le Bassidj les mêmes objectifs organisationnels ». Les théoriciens du Centre de Documentation de la Révolution, puissante organisation de propagande affiliée aux appareils sécuritaires et au ministère du Renseignement du régime, définissent quant à eux le CGRI en des termes forts similaires :

La fonction militaire du Corps des Gardiens de la Révolution, disent-ils, n’est que l’une des dimensions de l’identité sacrée de cette institution idéologico-populaire… [A laquelle s’ajoutent] les fonctions éducative, industrielle, agricole, d’aménagement du territoire, de la construction des routes et barrages…[52]

Incorporées dans les rangs de son frère aîné le CGRI, les forces antiémeutes du Bassidj « diviseront les villes iraniennes en Zones de résistance, elles-mêmes divisées en Bases au sein de chaque quartier où le mollah local [l’imam de la mosquée de quartier] supervise, aidé par les “citoyens fiables”, le recrutement »[53].

Selon Ali Alfoneh, spécialiste iranien de la question, le deuxième volet du plan de réorganisation du CGRI initié sous le commandement de Jafari, se base sur la « Doctrine Mosaïque ». La « Mosaïque » divise le CGRI selon une distribution géographique en 30 commandements provinciaux à travers tout le pays. Chaque commandement est doublé d’un représentant du Guide selon un schéma fort ancien dans l’histoire perse où chaque Satrape, chaque commandant de garnison proche ou éloigné dans le vaste empire de l’Indus au Nile, était secondé par ce que l’on appelait alors « les yeux et les oreilles du Roi des Rois », formant ainsi l’un des plus anciens modèles de renseignement connu. Ces « yeux » et ces « oreilles » rapportent directement au Bureau du Guide. La « Moaïque » répond à trois exigences sécuritaires majeures : 1) recrutement local ; 2) présence répressive locale ; 3) structure réticulaire préventive à toute tentative de décapitation du CGRI lors d’une attaque américaine ou israélienne. Toute cette réorganisation répond à la réorientation stratégique de la principale mission du CGRI, entamée sous la conduite de Jafari, au sein du Centre des Etudes Stratégiques des Gardiens de la Révolution, entreprise après la fin de la guerre Iran – Iraq : celle de réorienter le CGRI de « la menace extérieure » vers « la menace intérieure », jugée plus imminente et plus implacable que la première.

Un conglomérat militaro-financier

Une fois formée, le Département Renseignements de la nouvelle armée révolutionnaire et idéologique connaîtra, ce que Mohsen Sazegara appellera, bien des années plus tard, sa « première déviation ». Initiée par Mohsen Rezaï, aujourd’hui Secrétaire du Conseil de Discernement des Intérêts du régime, celle-ci consistera à transformer ce département en « un véritable appareil sécuritaire ». Celui-ci sera dirigé par Rezaï en personne et « étendra sa mainmise sur l’ensemble de l’organisation du CGRI ». La « seconde déviation du CGRI » intervient avec l’ère Rafsandjani. Celui-ci autorisera « l’ensemble des organes de l’Etat, y compris et surtout le CGRI, à entrer dans le monde des affaires ». Ali Afoneh, parle quant à lui de « pot-de-vin » et de tentative téléguidée par Rafsandjani de « soudoyer le CGRI hors de la sphère politique »[54]. C’est le début d’un long épisode d’inimitié entre le corps des officiers du CGRI et le tacticien politique Rafsandjani, dont l’affaire Mehdi Hashemi en est l’augure.

Seyyed Mehdi Hashemi fut le frère du gendre de feu l’ayatollah Hossein-Ali Montazeri, successeur désigné de Khomeyni dans les années 1980 et théoricien de la Régence du théologien, dogme fondamental du régime. Hashemi était alors à la tête du Bureau d’Assistance aux Mouvements de Libération Islamique dans le Monde, affilié au CGRI. Opposé en pleine guerre contre l’Iraq, vers le milieu des années 80, au tournant tactique esquissé par Rafsandjani en faveur d’un rapprochement avec les USA, Hashemi sera à l’origine des fuites qui donneront naissance au scandale Irangate par le biais d’une publication libanaise. Arrêté, il sera exécuté le 28 septembre 1987. « Son exécution fut une part intégrale du complot fomenté par le fils cadet de Khomeyni, Ahmad, et Rafsandjani, alors président du Majlis, pour destituer Montazeri »[55]. Ahmad mourra le 17 mars 1995, dans de mystérieuses circonstances.

Autre figure clef dans cette armée parallèle, Mohsen Rafiqdoust. Cet ancien marchand de fruits et légumes, devenu chauffeur de Khomeiny, se définit comme « l’un des cinq ou dix personnes qui aura joué un rôle de premier plan dans la formation des Gardiens de la Révolution »[56].  Avec l’accord d’Ebrahim Yazdi, alors vice-premier ministre en charge des affaires de la révolution dans le cabinet Bazargan, le CGRI « s’installera dans les locaux flambant neufs de l’ancienne Savak, 4ème Bureau, siège des écoutes téléphoniques » de la police politique du shah. Lors d’un des débats houleux qui précéderont l’accouchement du CGRI, Rafiqdoust posera son pistolet Colt sur la table et, s’adressant aux protagonistes, dira : « soit on se met tous d’accord, soit je descends tout le monde, y compris moi-même » ! Le CGRI était né.

Rafiqdoust est également dans les années de guerre contre l’Iraq, l’homme des approvisionnements en armes de cette armée bis. Dès sa formation, il se rendra d’abord chez Yasser Arafat, le leader palestinien et patron de l’OLP.

Je lui dis, il me faut des flingues. Il me vendit environ 5,000 kalachnikov et 500 RPG-7[57]. Dans un deuxième temps, on s’est rendu en Bulgarie. Petit à petit, des volumes importants d’armes furent achetés. C’est aussi à cette époque, vers 1984, qu’on s’est mis à acheter des Scud[58], d’une portée de 350 km. On se rendait alors fréquemment en Libye, Syrie, et en Corée du Nord. La Libye était alors un de nos gros fournisseurs. On a littéralement dévalisé leurs hangars. On a mit tout ça dans des bateaux, avant de mettre les voiles pour l’Iran.

Mandaté par Khamenei, alors président de la république (1981 – 1989), et Rafsandjani, représentant plénipotentiaire de Khomeiny dans la gestion de la guerre, l’ancien légumier-chauffeur arpentera le Moyen-Orient, en quête de quincailleries militaires d’occasion.

Ne pouvant nous fournir ce qu’il n’avait pas sous son contrôle, Hafez el-Assad accepta néanmoins de former nos stagiaires dans le maniement des missiles balistiques. Un premier groupe de 40 à 50 cadres furent ainsi envoyé en Syrie. Puis, nous nous sommes rendus chez Kadhafi, qui nous reçu chaleureusement. Je lui dis, il me faut des missiles. Il me répondit, « tiens, prends ce que tu veux ». Et il se tourna vers son directeur de cabinet et ordonna que l’on préparât dix missiles Scud-B… Peu après, j’accompagnais l’ayatollah Khamenei lors d’une visite officielle en Libye. On avait chargé les missiles dans un avion. C’est comme ça qu’on a fait entrer les missiles en Iran. Une fois au pays, j’ai donné l’ordre de transporter l’un des missiles dans un jardin, de le démonter et de se mettre à le copier en vue d’une fabrication en série. Les gars plantèrent un écriteau au-dessus du missile démonté, où ils avaient inscrit : en l’honneur du père balistique de l’Iran[59].

L’un de ceux qui accompagnait alors l’ancien légumier du Rungis téhéranais, n’était autre que le sixième commandant en date du CGRI et actuel conseiller du Guide : Yahya Rahim Safavi. Né en 1952, Safavi gagne la Syrie dans les années 70 où il est censé entrer en contact, « par boîte postale interposée », avec Mohammad Montazeri[60]. Il finira par rencontrer à Damas  un certain Mohammad Gharazi, nom de guerre Ryahi, ancien étudiant en ingénierie électrique en France entre 1968 et 1969 et futur ministre du Pétrole puis des Telecoms[61]. Toujours dans la capitale syrienne, Safavi entre en relation avec Ali Jannati, fils du futur président du Conseil des Gardiens. Là, et plus tard au Liban, Rahim Safavi subira un entraînement militaire dans les camps palestiniens, avant de regagner l’Iran via la France.

Dans le cadre du projet d’exportation de la révolution islamique, bon nombre des missiles du « Père balistique » finiront dans l’arsenal du Hezbollah. Véritable Etat dans l’Etat libanais, le Hezbollah n’est autre que la métastase régionale du caner iranien. Février 2010, après la perte financière colossale du groupe libanais dans des transactions opaques, se chiffrant à plusieurs centaines de millions de dollars, somme avancée par l’Iran au lendemain de la Guerre de 33 jours durant l’été 2006, une nouvelle assistance de 400 millions de dollars est consentie par le régime islamique à son allié chiite au Proche-Orient. Cette somme leur sera versée lors de la visite de Mehrdad Bazrpash au Liban[62]. « Casseur »[63] issu du Bassidj, Bazrpash cumule, à vingt-neuf ans à peine, les postes de conseiller du Président de la République ; président de l’Organisation Nationale de la Jeunesse ; directeur du quotidien Vatan, Patrie en persan ; et membre du conseil d’administration de Sâypâ, l’une des plus importantes industries automobile de toute la région[64]. Interrogé par un journaliste en 2002 sur ses agissements contre des étudiants iraniens opposés à la condamnation à mort d’un dissident, l’intéressé dira : « Là où il y a calomnie [à l’encontre des valeurs islamiques], nos gars s’en chargent ! »[65]

Allié à la kalachnikov dès le début du mandat de Rafsandjani comme Président de la République (1989 – 1997), l’essor financier du CGRI « provoquera une véritable catastrophe en Iran, en donnant naissance à l’une des plus puissantes organisations mafieuses » connues[66]. Contournant les procédures d’appel d’offres, par ailleurs notoirement truqués en Iran[67], la mafia dollar-AK47 mettra ainsi la main, de 1990 à nos jours, sur plus de 18365 méga projets étatiques[68], dans tous les domaines, de l’aménagement du territoire, à la construction de routes, tunnels, barrages hydroélectriques, assainissements des eaux, irrigation, agro-industrie, transports, aéroports, ports… jusqu’aux vastes complexes militaro-industriels. Sous le second mandat Rafsandjani, en 1996, plus de 500 milles hectares de terres, appartenant à l’Etat, la plupart dans les régions frontalières, seront placées sous l’administration directe du CGRI[69]. L’armée bis, celle des gardiens doctrinaires de la « révolution et des ses résultats », devient un Etat dans l’Etat. Juin 2006, la Compagnie Nationale Iranienne du Pétrole accordera à Qarârgâhé Khâtam ol-Anbyâ, le principal conglomérat industriel dépendant du CGRI et placé sous la responsabilité du général Rostam Qâsemi, le projet de développement des phases 15 et 16 du champ gazier South Pars, un marché de 2 milliards de dollars hors appel d’offre[70]. Durant cette même période, la Compagnie Nationale Iranienne du Gaz accordera à ce même conglomérat, le projet de construction du « Pipeline de la Paix », long de près de 900 Km et reliant les champs gaziers iraniens à l’Inde via le Pakistan, hors appel d’offre[71]. Septembre 2009, dans ce qui est décrite comme la « plus grande transaction de l’histoire de la bourse en Iran », un consortium financier dépendant du CGRI, Tow’sé’é Mobayyen[72], s’empare de la majorité des actions de la société étatique des Télécoms, pour un montant de 8 milliards de dollars, contrôlant ainsi l’un des plus grands réseaux de télécommunications fixe et mobile de toute la région[73]. Quelques jours plus tard, le Directeur Général et son épouse sont retrouvés morts dans leur domicile à Téhéran. Officiellement, « il s’agit d’une fuite de gaz »[74].

[1] Mot d’origine perse signifiant armée.

[2] Hossein Loghmanian, Compte-rendu des débats au sein du Majlis, l’Assemblée Consultative Islamique, No 432, cité dans How Intertwined Are the Revolutionary Guards in Iran’s Economy ? By Ali Alfoneh, in Middle Eastern Outlook, No. 3, October 2007, American Enterprise Institute for Public Policy Research, Washington, D.C., USA

[3] L’Assemblée Consultative Islamique

[4] The Revolutionary Guards’ Role in Iranian Politics; by Ali Alfoneh, Middle East Quarterly, September 1, 2008

[5] از ربانی سالاری به اوباش سالاری؛ تحول ساختار قدرت در جمهوری اسلامی. مجید محمدی، رادیو فردا، ٢٤ اسفند ١٣٨٨

De la théocratie à la voyoucratie : développement de la structure du pouvoir au sein la république islamique d’Iran. Par, Madjid Mohammadi, Radio Free Europe/ Radio Liberty, Radio Farda, 15 Mars 2010, http://www.radiofarda.com/content/f35_Development_IRI_Soc_Base_Com_MM/1979164.html

 

[6] Alexis de Tocqueville, in Fragments sur la Révolution.

[7] Res publica, Res private; by Antoni Z. Kaminski, in International Political Science Review (1991), Vol. 12, No. 4, pp. 337 – 351.

[8] Indoctrination of the Revolutionary Guards; by Ali Alfoneh, in Middle Eastern Outlook, No. 2, February 2009, American Enterprise Institute for Public Policy Research, Washington, D.C., USA.

[9] Iran’s Révolutionary Guards : Showing who’s boss; The Economist, 27 août 2009.

[10] Center for Strategic & International Studies, Washington D.C., USA

[11] Correspondance avec l’auteur.

[12] H. Loghmanian, parlementaire disqualifié iranien, compte-rendu du Majlis, cité dans A. Alfoneh, op., cit.

[13] De l’arabe al-fidâ’i, à l’origine du français affidé ; cf. L’âge d’or de l’Islam, par Aly Mazahéri, BAB, Paris Méditerranée, 2003, p. 148.

[14] از مدرسه حقانی تا حلقه حقانی

Reza Khojasteh Rahimi, mensuel Shahrvand Emrouz, No 63, septembre 2008, http://www.shahrvandemrouz.com/content/1604/default.aspx

[15] سالروز شهادت آية الله قدوسى

Islamic Republic News Agency, IRNA, http://www2.irna.ir/occasion/ghodosi84/index.htm

[16] http://www.interpol.int/Public/data/wanted/notices/data/2006/54/2006_34754.asp

[17] R. Khojasteh Rahimi, op., cit.

[18] ارتش پناه ملت

بيانيه  گروهی از فرماندهان و پرسنل ارتش

Communiqué d’une partie du commandement et du personnel des forces armées (classiques), 10 décembre 2009, dont une copie est accessible à l’adresse/ http://www.peykeiran.com/Content.aspx?ID=10581

[19] How Intertwined Are the Revolutionary Guards in Iran’s Economy ? By Ali Alfoneh, op., cit.

[20] The Revolutionary Guards’ Role in Iranian Politics; by Ali Alfoneh, op., cit.

[21] C’est ainsi que se définissaient les Fédayin de l’Islam

[22] L’une des dénominations officielles de la guerre Iran – Iraq. L’autre étant la « Défense sacrée ».

[23] پیام حضرت امام خمینی به مناسبت پذیرش قطعنامۀ ٥٩٨

Message de son Excellence l’Imam Khomeyni à l’occasion de l’acceptation de la Résolution 598 ; texte complet accessible sur le site Alef, http://alef.ir/content/view/29485

[24] Sepah va sé enhérâf, ou le CGRI et les trois déviations ; par Mohsen Sazegara, co-fondateur du CGRI, aujourd’hui exilé aux USA. Voire, http://www.sazegara.net/persian/archives/2006/07/060723_154435.html

[25] Shôrâyé enghélâbé eslâmi, en persan.

[26] Farmandéhé sâzmâné pâsdârâné enghélâb, ou le Commandant de l’organisation des gardiens de la révolution ; quotidien Ettelâ’ât, 26 février 1979.

[27] Essentiellement les Moudjahidin du Peuple, organisation islamo-marxiste, d’abord alliée de la coalition révolutionnaire de 79, puis sa rivale.

[28] تشكيل سپاه پاسداران انقلاب اسلامي

 

Tashlîlé Sépâhé Pâsdârâné Enghélâbé Eslâmi, ou la Formation du CGRI, Centre de Documentation de la Révolution Islamique, http://www.irdc.ir/fa/calendar/19/default.aspx

[29] A. Mansouroun, op., cit., p 95-96.

[30] M. Sazegara, cité dans Ramin Parham, L’histoire secrète de la révolution iranienne ; éditions Denoël, Paris, 2009.

[31] A. Alfoneh, correspondance avec l’auteur.

[32] اساسنامه سپاه پاسداران انقلاب اسلامي

Charte du CGRI, accessible sur le site du Majlis (Assemblée Consultative Islamique ), http://tarh.majlis.ir/?ShowRule&Rid=1D4973FB-9551-4F8D-AEB3-DAEFD52791F1

[33] Il n’y a de dieu qu’Allah

[34] Extrait du Préambule de la Constitution de la République Islamique d’Iran, traduction française ; M. Potocki, op., cit., p 37.

[35] M. Potocki, op., cit., p 101.

[36] Constitution de la République Islamique d’Iran (1979 – 1989); traduction, introduction et notes par Michel Potocki, L’Harmattan, Paris, 2004.

[37] How Intertwined Are the Revolutionary Guards in Iran’s Economy ? By Ali Alfoneh, op., cit.

[38] A. Alfoneh, op., cit.

[39] همراه با جواد منصوری از ایران تا پکن

Par Ali Alborzi, journaliste, cf. son blog sur http://socialreporter.persianblog.ir/post/172/

[40] Héfâzaté Ettelâ’ât, en persan

[41] نهاد اطلاعات موازی، شهادتنامۀ شاهد الف، مرکز اسناد حقوق بشر ایران

Iran Human Rights Documentation Center, http://www.iranhrdc.org/httpdocs/Persian/Homepage.htm

[42] Entretien de Mohsen Sazegara avec l’auteur, mai 2008

[43] محمد علی جعفری کیست

Qui est Mohammad-Ali Jafari? Par Alireza Nourizadeh, journaliste, http://nourizadeh1386.blogsky.com/1387/12/15/post-693/

[44] What do Structural Changes in the Revolutionary Guards Mean? By Ali Alfoneh, in Middle Eastern Outlook, No. 7, September 2008, AEI for Public Policy Research, Wash., D.C., USA

[45] Tashkilé Bassidjé Mostazafines dé farmâné Emâm Khomeyni ; in Centre de Documentation de la Révolution Islamique, http://www.irdc.ir/fa/calendar/168/default.aspx

[46] Mollah El Kachani, leader de l’islam chiite, préconise pour l’Iran une politique d’absolue neutralité ; par Edouard Sablier ; Le Monde, 13 avril 1951

[47] Cité dans What do Structural Changes in the Revolutionary Guards Mean? By Ali Alfoneh, op., cit.

[48] Littéralement « Soutiens » en Arabe, les Ansâr constituaient les « auxiliaires » de Mahomet à Médine, donc au septième siècle de notre ère.

[49] Bassidj râ behtar béshénâssim, ou Mieux connaître le Bassidj ; in Deutsche Welle, 19 janvier 2010, http://www.dw-world.de/dw/article/0,,5146428,00.html

[50] Héfâzaté Ettelâ’âté NAJA (Nîrouyé Entézâmyé Jomhouryé Eslâmyé Iran)

[51] Revue en ligne Mihan, numéro 60, février 2003

[52] Tashkîlé Sépâhé Pâsdârâné Enghélâbé Eslâmi, ou la Formation du CGRI, Centre de Documentation de la Révolution Islamique ; op., cit.

[53] What do Structural Changes in the Revolutionary Guards Mean? By Ali Alfoneh, op, cit.

[54] The Revolutionary Guards’ Role in Iranian Politics, by Ali Alfoneh, op., cit.

[55] ibid

[56] Nâgoftéhâyé sépah, ou l’Histoire secrète du CGRI, dans un entretien avec Mohsen Rafiqdoust ; réalisé par Akbar Montadjabi, hebdomadaire persan Chahrvandé Emrouz, février 2008.

[57] Lance roquette de fabrication soviétique.

[58] Missile balistique de fabrication soviétique.

[59] Chahrvandé Emrouz, février 2008, op., cit.

[60] Voir les différentes étapes de la biographie officielle de Safavi sur son site, http://www.yahyasafavi.com/detailnews.asp?id=9466

[61] Voir une courte biographie de M. Gharazi sur le site du Ministère Iranien de l’Information et des Technologies de Communication, http://www.ict.gov.ir/aboutus-ministers-fa.html ainsi que sur Petro News, http://www.petronews.ir/files/archive/003977.php

[62] کمک چهارصد میلیون دلاری دولت کودتا به حزب‌الله لبنان

خبرگزاری ندای سبز آزادی

Aide de 400 millions de dollars consentie par la junte au Hezbollah libanais, http://www.irangreenvoice.com/article/2010/feb/23/1534

[63] Bazrpash, membre du Bassidj de l’Université Sharif, était bien connu des leaders du mouvement étudiant iranien, dont Akbar Atri, durant et après les émeutes de juillet 1999. Correspondance d’A. Atri avec l’auteur.

[64] مهرداد بذرپاش کیست؟

Qui est Mehrad Bazrpash ? Aftab News, 11 décembre 2006, http://www.aftabnews.ir/vdcb05brhwbas.html

[65] هر جا هتاکی باشد ما هستیم

Entretien avec Mehrdad Bazrpash, 7 décembre 2002, http://mehr.sharif.edu/~sharifdaily/pdf/95/page4.pdf

[66] Sepah va sé enhérâf, M. Sazegara, op., cit.

[67] Sur le baromètre annuel de Transparency International, consacré à l’observation de l’évolution de la corruption dans le monde, la République Islamique d’Iran était classée, en 2007, à la 131ème position mondiale, après la Zambie, le Burundi et le Honduras. Danemark, premier du classement, est le pays le moins corrompu du monde. Transparency International est la plus importante organisation de lutte contre la corruption à l’échelle mondiale.

[68] قرب در یک نگاه

Apperçu de Qôrb, ou Qarârgâhé Khâtam ol-Anbyâ, http://www.khatam.com/?part=menu&inc=menu&id=98

[69] Eqtésâdé sépâh, ou l’Economie du CGRI, entretien avec général Vafaï, substitut du commandant de la base militaire Khâtam ol-Anbiâ, importante garnison du CGRI ; paru dans la revue économique iranienne Eqtésâdé Iran, N° 70, décembre 2004.

[70] یک قرارداد کلان دیگر برای قرارگاه خاتم‌الانبیاء

Un autre méga projet pour Qôrb, Deutsche Welle, http://www.dw-world.de/dw/article/0,,5357695,00.html

[71] How Intertwined Are the Revolutionary Guards in Iran’s Economy ? By Ali Alfoneh, op., cit.

[72] شرکت توسعه اعتماد مبين

[73] سپاه پاسداران سهام هشت میلیارد دلاری مخابرات را خرید

BBC Persian service, http://www.bbc.co.uk/persian/business/2009/09/090927_ka_stockexchange_irantelecom.shtml

[74] Farda News, http://www.fardanews.com/fa/pages/?cid=97821

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